Qui était Condorcet ?

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Jean Antoine Nicolas de Caritat, Marquis de Condorcet (ville de la Drôme), naît le 17  septembre 1743 à Ribemont dans l’Aisne (Picardie). Après ses années de formation chez les Jésuites, il entre au Collège de Navarre à Paris où il devient l’élève de Jean le Rond d’Alembert. Mathématicien, il devient célèbre en 1765 en publiant Du calcul intégral à l’âge de 22 ans. Il fut un initiateur des probabilités et des équations différentielles. La qualité de ses travaux lui vaut d’être reçu à l’Académie Royale des Sciences en 1769 à l’âge de 26 ans. Célèbre dans toute l’Europe des Lumières, il se lie aux plus brillants esprits de son temps, et notamment à Jacques Turgot qui devient Contrôleur Général des Finances de Louis XVI en 1774. Turgot nomme Condorcet Inspecteur Général de la Monnaie, fonction qu’il exerce jusqu’en 1791. Il se détourne alors progressivement des sciences pour s’intéresser à la Philosophie et à la politique.

Soutenu par Voltaire, puis par d’Alembert, il est admis à l’Académie Française en 1782. Au moment de la Révolution, il est reconnu comme l’héritier des penseurs du XVIII° Siècle, le  dernier tenant de l’esprit des Encyclopédistes et le chef du « parti philosophique » défenseur des droits de l’homme.

Conseiller Municipal de Paris en 1789, puis Député Girondin de Paris à l’Assemblée Législative en 1791, il se prononce très tôt en faveur de la République. Élu à la Convention en 1792, il siège comme Député de l’Aisne. En janvier 1793, opposé par principe à la peine de mort, il refuse  de voter l’exécution du Roi.

Il rédige le projet de constitution le plus démocratique qu’on ait élaboré jusqu’alors, s’opposant à celui des Montagnards qui dominent la Convention et qui ont instauré la Terreur. Un décret de mise en accusation est donc voté contre lui le 8 juillet. Caché par une amie pendant plus de 8 mois, il rédige son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain où il s’enthousiasme pour l’esprit des Lumières et dit sa confiance dans la science et ses conséquences bienfaisantes. Mais risquant de mettre sa logeuse en danger, il quitte sa cachette. Arrêté à Bourg-la-Reine, il est emprisonné. Deux jours plus tard, le 29 mars 1794, il est retrouvé mort sur le sol de la prison après s’être empoisonné grâce à l’aide d’un ami médecin, probablement pour échapper à la guillotine.

Condorcet laisse un testament politique gigantesque. Il prit la défense des Droits de l’Homme et soutint les minorités. Il adhéra à la « Société des amis des Noirs » qui avait pour but l’abolition de la traite des esclaves, pratique qu’il dénonça comme un crime en 1781 dans Réflexions sur l’esclavage des Nègres : « mes amis, quoique je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardés comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les blancs ». En 1790, dans son ouvrage intitulé Sur l’admission des femmes au droit de cité, il prôna l’égalité entière des droits pour les hommes et les femmes : « Les droits des hommes résultent uniquement de ce qu’ils sont des êtres sensibles, susceptibles d’acquérir des idées morales et de raisonner sur ces idées. Ainsi les femmes, ayant les mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux ».

L’école fut au centre de son œuvre. En 1791, dans Cinq mémoires sur l’instruction publique, le premier article concernant l’instruction a pour titre : « Comme moyen de rendre réelle l’égalité des droits ». On peut aussi y lire que l’inégalité d’instruction est une des principales sources de tyrannie et que l’objectif de l’instruction est « de faire d’une nation d’hommes un peuple de frères ». Son œuvre inspirera un siècle plus tard les fondateurs de l’école républicaine.

Ses cendres ont symboliquement été transférées au Panthéon le 12 décembre 1989. En effet, le cercueil de Condorcet est vide : inhumée dans la fosse commune de l’ancien cimetière de Bourg-la-Reine, sa dépouille n’a jamais été retrouvée.

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